Bio / Biography

Tonitruantes, vives et intenses, les créations de Grégory BERBEN voyagent désormais à travers le monde…

Parrainé à ses débuts par la célèbre et éclectique Madame Jeanne Augier, propriétaire de l’hôtel NEGRESCO, l’artiste cannois fait notamment revivre de vieilles affiches abimées naturellement par le temps, qu’il détourne, découpe, déchire et assemble en des collages originaux.

Il s’inspire de la rue, des journaux, de la vie saisie comme des flashs instantanés du quotidien sur ses toiles colorées, ludiques et lumineuses…Des toiles où la peinture sert de chant aux images et aux textes assemblés en de géants puzzles dans un joyeux désordre ordonné !

Véritable travail de fourmis mêlant acrylique, collage et marqueurs, chaque toile est une invitation aux rêves où les images parlent d’elles-mêmes et jouent avec les regards, poussant à trouver des liens vers plus de profondeur…

L’artiste aime à surprendre, s’amusant par période à explorer l’univers « dangereux » des monochromes, et notamment avec une série inspirée de la mer : OCEAN

Soutenu par la Ville de Cannes, son atelier est basé dans le quartier historique du Suquet à Cannes, sa ville natale…

( Visites sur rendez-vous uniquement )

 Madame Ingrid FRANCE

Maître de Conférences des Universités

Série « TRANCHES DE VIE »

Entre les répétitions et les ruptures fragmentaires, la trace d’une existence qui se déroule comme un électrocardiogramme chromatique.

Alternance de routines rassurantes et de précipités d’événements multicolores. Le rythme d’une vie et ses marqueurs.

Les éclats de couleurs que l’artiste a contourés au marqueur, comme pour en marquer la trace mnésique avant qu’ils ne s’évanouissent dans le fil du temps…

Tranches de vie Grégory Berben 2016
Ocean 2017 Gregory Berben

Série « OCEAN »

Saisir un instantané du mouvement par son jeu d’ombres et lumières, entre le superficiel scintillant et la profondeur abyssale.

Vagues en suspension, quelque part entre le geste déterminé de l’artiste et l’aléatoire de l’état liquide. Forme contingente.

Sans artifice de sculpture : l’artiste n’utilise que la matière fluide de la peinture, par un patient travail de sédimentation. Flux et reflux.

Incroyable surgissement de lumière éclatante depuis ces monochromes noirs.

Oeuvre : « PHILOSOPHY » ( 162 x 114 cm – Année 2017 )

Évidemment cette œuvre « Philosophy », de la série « Codes-Barres » de l’artiste Gregory Berben, m’interroge : est-ce à dire que la philosophie est notre marqueur indélébile, notre socle, humains – êtres civilisés aliénés au langage et composant avec ses apories dans notre rapport au monde?

Est-ce à dire quelque chose de notre contemporain gagné par l’ordre numérique et le fétichisme du chiffre qui disqualifie la fiction et la pensée ? Est-ce à conjurer la marchandisation qui s’étend à tout champ? Philosophie des Lumières et cette controverse : Enlightment ou Aufklarung ? Libéralisme économique ou libéralisme politique? Adam Smith : « Tout a un prix » ou Emmanuel Kant : « Tout a ou bien un prix ou bien une dignité ». L’art, cette question humaine qui insiste.

Philosophy 2017 Gregory Berben
Urban Mood 2017 Gregory Berben

Oeuvre : « URBAN MOOD » ( 120 x 120 cm – Année 2017 )

Les collages sur couches de peinture de Grégory Berben à partir d’un matériau vivant : les affiches recueillies sur ces panneaux « libre d’afficher » qui jalonnent les rues. Ces affiches publicitaires à prétention graphique, marques de la culture reproductible, industrialisée, c’est la main libre de l’artiste qui va les détourner pour les réinscrire dans l’Art et rappeler la singularité de l’œuvre créatrice.

A l’heure où la logique marchande a imprégné la culture, où le spectacle tend à évincer l’Art, où domine le naturalisme rassurant de la démonstration, la marchandise- fétiche occupe la place d’un vide son soutenu. Et c’est cette place du vide, de l’irréductible incomplétude de l’être humain – dimension tragique de l’existence – qui est rendue dans le travail de Grégory Berben. Car de cette stratification, de cette superposition de fragments – la décomposition à l’œuvre – de cette saturation par le collage, émerge un « reste » : l’essentiel, un mot, un visage, ce qui résiste comme insaisissable.

En dépit de ces suraccumulations désespérées qui caractérisent notre modernité, quelque chose toujours, inéluctablement, « ne colle pas ». Et c’est précisément cette part qui échappe qui est dévoilée par le travail de l’artiste. Une non-construction qui ouvre une exploration sans fin de la complexité d’un monde fragmentaire. La vie tissée d’événements qui surgissent comme autant de fragments désordonnés, qui ne s’agencent jamais que dans l’histoire – cette esthétique des strates – que chacun, singulièrement, se raconte.